Il y a beaucoup d’histoires dans ces images

Des ateliers d’expression artistique auprès de jeunes en situation d’exil

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« Il n’y a pas qu’une seule histoire dans cette fresque.
D’un côté, il y a la campagne, de l’autre il y a la ville.
D’un côté, le très ancien et de l’autre, le très moderne.
Ce qui est important, c’est ce qu’il y a entre les deux. »

Un des auteurs de l’exposition.

Moussa, Famakan, Ibrahima, Mody et Salamana
sont très heureux de vous présenter leur fresque accompagnée de ses textes.

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La fresque met en scène d’un côté un village africain et, de l’autre, la ville de Grenoble.
Entre les deux, en guise de passerelle, un poème proposé par un participant
et écrit dans deux de leurs langues d’origine ainsi qu’en français et qui fait l’éloge de la couleur noire…

Ces productions artistiques ont été réalisées lors d’ateliers d’expression artistique qui se sont déroulés en janvier et février 2020.

Ces ateliers ont été co-animés par un art-thérapeute de l’association Et Pourquoi Pas ? et un psychologue de l’association Le Caméléon, à destination de jeunes en situation d’exil, séparés de leur famille.

Huit jeunes ont participé, majoritairement originaires d’Afrique de l’Ouest.
Les participants ont pu explorer et exprimer leurs goûts, leurs talents, leurs envies, leurs projections.
Ils ont pu partager leurs envies, leurs points de vues, échanger sur ce qu’ils souhaitaient réaliser ensemble.
Et puis, quelle histoire raconter et comment la raconter?

Naissance du projet

La fresque,

un cheminement du « je » au « nous »

 

Ce sera une fresque, un paysage, des images de mondes différents qui se côtoient…
D’un côté un village africain et, de l’autre, la ville de Grenoble.
Entre les deux, en guise de passerelle, un poème proposé par un participant et écrit dans deux de leurs langues d’origine ainsi qu’en français et qui fait l’éloge de la couleur noire :
« l’oeil ne voit pas sans son centre noir ».

C’est l’échange autour de la singularité de leur histoire, de leur culture,
de leur langues qui a contribué à la construction de cette fresque collective.

Les ateliers étaient à destination de Mineurs Non Accompagnés (MNA) hébergés dans des familles d’accueil coordonnées par l’Adate. On appelle MNA un jeune qui se trouve en dehors de son pays d’origine sans être, temporairement ou durablement, accompagnée d’un parent ou d’une autre personne exerçant l’autorité parentale.

Ils se sont déroulés dans une salle située dans leur bâtiment, bien connu des jeunes. Les référents santé de l’Adate ont orienté ces jeunes vers le groupe. Cette orientation visait les jeunes qui étaient prêts à s’investir dans une activité de groupe et possiblement sensibles aux arts-plastiques.

Cette action s’inscrivait dans un appel à projets de la Fondation de France autour de la Santé Mentale des Jeunes réunissant un troisième partenaire, l’Agecsa.

Déroulé des ateliers

Au mois de janvier et février 2020, nous réalisions huit séances avec le groupe. Elles étaient globalement organisées de la même façon.

Tout d’abord, le temps d’accueil permettait de prendre un moment pour se dire bonjour, se demander comment ça va, d’évoquer la dernière séance ou celle à venir,… Ensuite, un ou plusieurs petits exercices d’échauffement étaient réalisés afin de faire entrer progressivement les participants dans l’activité, pour faciliter leur engagement. Ces exercices pouvaient être contemplatifs ou dans l’action et devaient s’appuyer sur les goûts des participants et leur style, afin de favoriser l’émergence du plaisir sans les mettre en échec.

Après cette entrée en matière, l’activité de groupe à proprement parler pouvait démarrer. Elle consistait dans un premier temps à explorer les deux dimensions qui allaient permettre de réaliser une production artistique collective : le fond et la forme.
Quel récit, quels messages, quelles émotions le groupe souhaitait-t-il exprimer ? Quelle technique artistique, quel style, quel support de diffusion le groupe allait-t-il utiliser pour exprimer ce récit ? Pour arriver à un consensus de groupe sur ces deux dimensions, nous avons commencé par interroger chacun des individus. Nous cheminions ainsi, au rythme de la dynamique de groupe induite par les participants, du « je » au « nous ».

Dans un deuxième temps, lorsque le groupe aboutit à un consensus sur le choix du fond et de la forme, les séances de réalisation de la fresque ont pu démarrer. Il ne nous restait alors plus que 4 séances pour réaliser cette production artistique ambitieuse. Les participants ont ainsi dû redoubler d’efforts, d’engagement et faire des choix pour aboutir à un objet fini dans le temps imparti.

Parallèlement, au fil des premières séances, certains participants se sont désengagés de l’atelier, faisant passer le groupe de huit à cinq personnes. Ainsi s’est constitué le groupe qui a élaboré et réalisé la fresque et les textes qui lui sont associés..

Déroulé des ateliers
Déroulé des ateliers

Finalisation et exposition

du « nous » au « nous tous »

Lors des dernières séances de réalisation de la fresque, le groupe a exprimé l’envie de l’exposer. Ce choix de donner à voir leur production artistique hors de l’environnement intime du groupe venait souligner leur fierté d’avoir réalisé cet objet et leur volonté d’inscrire celui-ci dans le commun, dans la société.

Au mois de mars, le groupe a dû s’interrompre dans sa finalisation. Il était prévu d’organiser au mois d’avril, après une dernière séance de finalisation, une présentation de la fresque en présences de représentants des 3 associations partenaires et, surtout des personnes choisies et invitées par les participants. Mais l’ordre de confinement est tombé…

Au mois de juin, tous les participants ont répondu à l’appel pour réaliser la dernière séance nécessaire pour finaliser la fresque, cette fois à La Bifurk, friche culturelle, artistique et sportive.

Au mois d’octobre, après un certain nombre d’incertitudes, nous arrivons enfin à organiser une exposition dans la salle d’exposition L’Aiguillage à La Bifurk. Mais, trois jours plus tôt, le couvre-feu est annoncé. Nouvelle annulation…

Au mois de novembre, l’AFPA Isère située à Pont de Claix, nous donne l’opportunité de réaliser cette exposition. Nous prévoyons d’autres exposition dès que la situation le permettra.

Les participants

Et Pourquoi pas? conçoit l’expression artistique comme une manière de se raconter, de valoriser son récit en le mettant en forme à partir de sa propre esthétique, de s’affirmer tout s’inscrivant dans son environnement.

Le Caméléon propose des supports divers pour soutenir les personnes exilées dans les épreuves qu’ils traversent.

L’ADATE a pour mission d’accueillir, d’informer, d’orienter et d’accompagner socio-juridiquement et linguistiquement toute personne étrangère recourant à ses services.

L’AGECSA a pour objectifs la réduction des inégalités sociales et territoriales de santé, la prise en charge du patient dans sa globalité et la proximité avec la population des quartiers.

Cette expérience a pu être menée avec le soutien de la Fondation de France.